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Juil 20 2026

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Expérimentation carte scolaire : attention danger !

Communiqué intersyndical départemental 71

FSU – SUD Éducation – CGT Educ’Action

Est-ce en fermant des classes, des écoles voire des collèges que nos élèves progresseront ? Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray sera en visite ce lundi 20 juillet pour rencontrer Mme Mercier, sénatrice de Saône-et-Loire, elle-même inquiète du projet ministériel. En effet la Saône-et-Loire a été retenue par le ministère de l’Éducation nationale pour expérimenter un « dispositif pluriannuel d’aménagement du territoire corrélé à l’offre scolaire». Derrière cette formulation technocratique et obscure se cache une volonté claire : redéfinir totalement la carte scolaire pour réaliser d’immenses économies.

La carte scolaire consiste à répartir les élèves dans les écoles, collèges et lycées en fonction de leur lieu d’habitation et de leur nombre. Depuis de nombreuses années, la DSDEN de Saône-et-Loire (les services de l’éducation du département) utilise l’argument de la baisse démographique pour retoucher cette carte scolaire. La DSDEN prétend que les écoles de moins de 4 classes ne permettraient plus de garantir la sécurité de toutes et de tous ni de bonnes conditions d’apprentissage. Pourtant aucune étude ne prouve cela !

La DSDEN prévoit donc la fermeture de petites écoles rurales et espère ainsi être le bon élève qui fera économiser des millions à l’Éducation nationale. On peut imaginer qu’à terme d’autres écoles fermeront voire certains collèges jugés trop isolés. L’administration réfléchit d’ailleurs déjà sur le temps de trajet qui serait « acceptable » pour les familles, planifiant ainsi le nombre d’heures de bus que nos enfants pourraient faire si on ferme leur école !

L’objectif est d’encourager les élu·es à penser les différents temps de l’enfant avec un objectif d’économie sous prétexte de « rationalité » : des espaces (fusion d’écoles, RPI, accueil de classe élémentaire en collège, fusion de cantines et de garderies…), de personnels (partage d’ATSEM ou d’employé·es
communales·aux…) et de moyens (transports, matériel pédagogique…).

Face à cette politique austère que les député·es, les enseignant·es et les parents refusent d’accepter, l’exprimant par le biais de mobilisations nombreuses et durables, le ministère de l’Éducation nationale espère bien s’appuyer sur les élus·es locales·aux (conseiller.es départementales·aux, municipales·aux,
communautés de commune) pour supprimer ces classes qu’il juge superflues. Pourtant, dans notre département si étendu et marqué par la ruralité, ce sont des dizaines de classes qui sont menacées de fermeture dans les années à venir, faisant fi des réalités géographiques (parcourir plusieurs kilomètres pour déposer son enfant à l’école tous les matins) et des devoirs de l’État, censé garantir une équité territoriale d’égalité d’accès à l’école.
Ce n’est pas avec moins d’écoles qu’on fait mieux l’école !

Au contraire les études prouvent que les élèves progressent beaucoup plus dans des classes à faible effectif. Or, les suppressions annoncées impacteraient de facto les effectifs des écoles voisines, surchargées et moins à même de gérer les élèves en difficulté. Pour l’heure, ni les parents, ni les organisations syndicales n’ont été consultés alors même que la baisse démographique (qui existe mais n’est pas aussi catastrophique qu’on veut nous le faire croire) est une opportunité pour améliorer l’accompagnement de nos élèves.

Nous, syndicats, exigeons de pouvoir participer à cette réflexion pour pouvoir faire remonter les réalités du terrain. Nous avons des propositions fortes pour construire une école émancipatrice, qui soit le lieu où se relèvent les défis d’avenir qui concernent toute la société, parents, élèves, citoyen·nes. Car après tout, qui peut mieux parler de l’école que celleux qui sont au cœur de la classe tous les jours ?

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