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Déc 17 2025

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Formation continue et logique concurrentielle : les personnels du GRETA 71 paient les conséquences !

Les GRETA fragilisés depuis des années

La réindustrialisation, la nécessaire transition énergétique et écologique, le développement de l’IA, les évolutions du commerce, etc. , sont autant de facteurs laissant penser que les besoins en formation professionnelle continue des salarié∙es seront importants dans les années à venir.

Pourtant, les GRETA souffrent. Le GRETA 71 souffre. Ces organismes publics dépendants de l’éducation nationale sont fragilisés par des choix politiques et budgétaires des gouvernements et par les baisses des budgets régionaux, dans le marché concurrentiel de la formation, puisque c’est un marché ! Ces évolutions amplifient les conséquences de la loi de 2018 « Liberté de choisir son avenir professionnel » qui instaurait une baisse massive de l’obligation de financement de la formation par les entreprises.

Faut-il aussi questionner le ministère qui a ponctionné le FAM (Fonds Académique de Mutualisation) alimenté par les GRETA et destiné à les sécuriser financièrement, afin de financer les bureaux des entreprises en LP ?

La douloureuse restructuration du GRETA 71

Au deuxième trimestre 2025, la direction du GRETA 71 informait les employé·es d’une restructuration des emplois administratifs, situation économique oblige, dans ce marché concurrentiel.

La perte de l’important contrat régional DAQ 2.0 (dispositif amont de la qualification pour les demandeur·euses d’emploi sans qualification, financé par la Région Bourgogne-Franche-Comté), au profit d’un organisme privé, a accentué la crise.

Le résultat : la fermeture de l’antenne GRETA de Mâcon, les non-reconductions des contrats CDD de personnel administratif ou de formation, le licenciement d’un agent d’entretien, de nouveaux postes proposés éloignés, des quotités horaires de travail proposées à la baisse, des délais courts pour accepter ou non le nouveau poste, et la définition de nouvelles fiches de postes auxquelles il fallait candidater, mettant ainsi les personnels en concurrence au lieu de leur proposer un reclassement, comme le prévoit la loi.

Et, puisque la situation n’est pas assez compliquée à vivre, la dernière nouvelle en date : il n’y aura pas de licenciement des formateurs et formatrices, mais une redéfinition de leur périmètre géographique ! Les nouvelles conditions de travail deviennent inacceptables pour la plupart d’entre eux et elles. Toutes celles et ceux qui refuseraient les nouvelles modalités devront partir avec une rupture conventionnelle (tant que c’est encore possible), alors que l’indemnité est, dans le public, moins avantageuse qu’une indemnité de licenciement. Puisque le GRETA dépend de l’éducation nationale, le rectorat de Dijon ne peut accepter cette pratique de la direction du GRETA 71. Les personnels sont à bout de souffle, voire en détresse psychologique et résigné·es. Ils·elles souhaitent tourner la page au plus vite !

Pour un service public de la formation continue pour adulte

La situation actuelle est le fruit de la privatisation de la formation. La CGT éduc’Action demande la remise en place d’un service public de la formation continue au sein duquel les organismes de formation comme le GRETA, l’AFPA, le CNAM œuvreraient à la formation et à la qualification de chaque individu selon son projet professionnel et les acquis de son parcours.

Ce service public devrait être la garantie de bonnes conditions de travail pour les travailleur.euses, à contre-pied de la situation actuelle où la dégradation des conditions de travail est l’écho de la concurrence entre les centres de formations.

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