Déclaration intersyndicale
Madame l’Inspectrice d’académie, madame l’inspectrice adjointe, mesdames messieurs les IEN, monsieur le Secrétaire général, mesdames messieurs les responsables des services de la DSDEN,
Nos organisations syndicales ont décidé de ne pas siéger à ce CSASD pour les raisons suivantes :
Lors du GT de la semaine dernière, nous n’avons pu avoir aucune indication des priorités de la DSDEN dans la répartition des postes. Aucune indication permettant d’envisager quelle était la marge dans lesquelles les écoles pouvaient se sentir en risque, ou non de fermeture. Nous sommes ressorti-es de ce GT avec le sentiment de n’avoir rien appris, de n’avoir fait que transmettre des données chiffrées, pour corriger le document de travail édité en janvier.
Nous avons fait des remarques sur les difficultés structurelles que rencontrent les collègues, mais cela n’a fait l’objet d’aucune attention, autre qu’un « on prend note ». Il n’a pas été discuté, et c’est le rôle d’un groupe de travail, de la manière d’envisager le maintien du maillage de l’école rurale, ni le nécessaire soutien aux écoles orphelines de l’éducation prioritaire. Le rôle de la remplaçante n’a pas été discuté, alors qu’on sait que ce métier est pris entre des tensions divergentes, entre remplacement de congés maladies ou formation, rôle essentiel de renfort, appui aux dispositifs d’accompagnement « au cœur de la classe ».
Nous avons remarqué à plusieurs reprises que l’administration mettait en doute la sincérité des informations que les écoles nous font remonter. Le travail des directrices et directeurs d’école ne peut pas être remis en cause dans une instance. Au mieux, faut-il, que l’administration indique aux directrices et directeurs la manière de calculer les effectifs prévisibles d’arrivées de nouveaux élèves, à partir des données fournies par les mairies et les autres administrations. Nous ne pouvons pas travailler avec de tels soupçons.
Par contre, nous avons été contactés par des journalistes nous demandant nos réactions suite à l’envoi d’un dossier de presse aux médias dont nous n’avons pas été destinataires. Cela nous a rappelé les très mauvais souvenirs de l’époque Covid qui a donné les pires exemples de communication ministérielle envers ses personnels.
Certains maires ont été appelés pour leur faire part de risque de fermetures sans que les enseignants l’aient été.
Il semble qu’aucune audience n’a été accordée, aux écoles qui en demandaient, ou alors à une date très éloignée des décisions de carte scolaire.
De plus, plusieurs faits nous alertent et nous font penser que le CSASD, dont les collègues attendent beaucoup, n’est pas réellement l’instance de décisions concertées qu’il devrait être :
Une lecture attentive de l’annexe à la note de service du mouvement interdépartemental, publiée le 9 mars 2026, consacrée aux directions communes laisse supposer qu’une fermeture de classe aurait été actée sans présentation ni validation en CSA. Une collègue concernée a reçu un courrier officiel mentionnant une bonification de points pour fermeture de poste.
Des postes de remplaçants font en ce moment l’objet de modifications d’école de rattachement. Ces déplacements sont envisagés sans qu’aucune consultation préalable n’ait eu lieu sur leur implantation, même s’il a été mentionné lors du CSA du 2 février « postes spécifiques ». Ainsi des IEN appellent en urgence des TR pour les faire changer d’école de rattachement . Cela relève de l’impréparation et de procédures peu transparentes, faisant courir le risque que les vœux des TR ne soient pas vraiment respectés, et nous emmène vers une gestion flottante des TR, susceptibles de bouger d’une année sur l’autre en fonction des besoins et sans qu’un cadre réglementaire clair, via une note de service explicite et portée à la connaissance de tous, n’ait été établie.
Le prétexte du respect de la période de réserve électorale ne doit pas être invoqué, car les dates du GT ont été fixées par l’administration elle-même.
Tout cela intervient alors que partout, l’école craque. Les PE et AESH se sentent trop souvent dans l’incapacité de relever le défi de l’éducation pour toutes et tous, parce que les choix gouvernementaux vont à l’encontre des vrais besoins. La réduction du nombre de postes au prétexte de la baisse démographique, la mise en place des Pôles d’appuis à la scolarité sans moyens supplémentaires, le refus de rendre viable le métier d’AESH, tout cela confirme les choix globaux, dont vous n’êtes pas responsables, Madame la DASEN, mais que vous devez traduire en décisions néfastes dans le département. Pour nous, organisations syndicales de nos mandats et des personnels qui nous les ont confiés, nous voulons marquer notre refus de voir ainsi méprisé le dialogue paritaire et le travail de cette instance.
L’intersyndicale souhaite attirer votre attention sur plusieurs situations qui interrogent quant au respect du cadre réglementaire et du paritarisme. En effet, nous constatons que certaines décisions semblent avoir été prises en amont de la tenue de ce CSA, contournant ainsi l’instance pourtant compétente en matière de carte scolaire. Nous pensons notamment au cas des postes de remplaçants, pour lesquels des modifications d’affectation en cours d’année sont envisagées sans qu’aucune consultation préalable n’ait eu lieu sur leur implantation, même s’il a été mentionné lors du CSA du 2 février “des écoles a besoin” et sans qu’un cadre réglementaire clair, via une note de service explicite et portée à la connaissance de tous, n’ait été établie.
Par ailleurs, l’annexe à la note de service du mouvement interdépartemental, publiée le 9 mars 2026, fait apparaître une direction commune sur la ville du Creusot regroupant l’école élémentaire de la Charmille (4 classes) et l’école maternelle Jacques Prévert (2 classes), soit une entité à 6 classes. Or, à ce jour, l’école Jacques Prévert compte encore 3 classes jusqu’à la rentrée 2026. Cela laisse supposer qu’une fermeture de classe aurait été actée sans présentation ni validation en CSA. Cette interrogation est d’autant plus légitime qu’une collègue concernée a reçu un courrier officiel mentionnant une bonification de points pour fermeture de poste. Dans ce contexte, nous vous demandons de bien vouloir nous éclairer sur ces éléments, qui soulèvent des inquiétudes quant au respect des procédures réglementaires et à la transparence des décisions.


